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Pourquoi Airbus veut sortir des clouds américains ?

il y a 17 heures
4 min de lecture

Airbus, géant européen de l’aéronautique, a récemment exprimé son intention de réduire sa dépendance aux clouds américains. Cette décision soulève de nombreuses questions sur les raisons qui poussent un acteur majeur de l’industrie à revoir sa stratégie informatique. Dans cet article, nous allons explorer les motivations d’Airbus, les enjeux liés à la souveraineté numérique, ainsi que les alternatives possibles pour l’entreprise.


Vue rapprochée d’un centre de données moderne avec des serveurs alignés

Les risques liés à l’utilisation des clouds américains


Airbus utilise depuis plusieurs années des services cloud fournis par des entreprises américaines telles qu’Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure ou Google Cloud. Ces plateformes offrent une grande puissance de calcul et une flexibilité appréciée dans le secteur industriel. Pourtant, cette dépendance comporte plusieurs risques.


La question de la souveraineté des données


Les données d’Airbus, notamment celles liées à la conception et à la fabrication d’avions, sont stratégiques et sensibles. En hébergeant ces informations sur des serveurs situés aux États-Unis, Airbus s’expose à des lois américaines comme le Cloud Act, qui permettent aux autorités américaines d’accéder aux données, même si elles sont stockées à l’étranger. Cela pose un problème de souveraineté numérique, car l’entreprise ne maîtrise plus totalement la sécurité et la confidentialité de ses données.


La sécurité face aux cybermenaces


Les clouds américains sont des cibles fréquentes de cyberattaques. Bien que ces fournisseurs investissent massivement dans la sécurité, la concentration des données sur leurs plateformes peut attirer des hackers ou des acteurs étatiques. Airbus doit donc évaluer si ses données critiques sont suffisamment protégées ou si une diversification des infrastructures pourrait réduire les risques.


La dépendance technologique et économique


S’appuyer sur des clouds américains signifie aussi dépendre de fournisseurs étrangers pour des services essentiels. Cette situation peut entraîner des coûts élevés, une moindre flexibilité contractuelle, et une exposition aux tensions géopolitiques. Par exemple, des sanctions ou des restrictions commerciales pourraient compliquer l’accès aux services cloud.


Airbus et la souveraineté numérique européenne


Face à ces enjeux, Airbus souhaite renforcer sa souveraineté numérique en privilégiant des solutions européennes. Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large où l’Union européenne cherche à promouvoir des infrastructures cloud sécurisées et indépendantes.


Le projet Gaia-X


Gaia-X est une initiative européenne visant à créer un écosystème cloud souverain, sécurisé et interopérable. Airbus soutient ce projet qui propose une alternative aux géants américains. En s’appuyant sur Gaia-X, Airbus pourrait mieux contrôler ses données, garantir leur localisation en Europe, et bénéficier d’une meilleure transparence sur les traitements.


Le rôle des acteurs européens du cloud


Des entreprises comme OVHcloud, Orange Business Services ou Atos développent des offres cloud adaptées aux besoins industriels. Airbus pourrait collaborer avec ces acteurs pour construire une infrastructure hybride, combinant clouds publics européens et clouds privés internes, afin d’assurer la sécurité et la performance.


Les défis techniques et organisationnels du changement


Sortir des clouds américains ne se fait pas sans difficultés. Airbus doit relever plusieurs défis pour réussir cette transition.


Migration des données et des applications


Le transfert des données et des applications vers de nouvelles plateformes nécessite une planification rigoureuse. Il faut éviter les interruptions de service, garantir la compatibilité des systèmes, et assurer la continuité des opérations. Cette étape peut être coûteuse et complexe.


Formation et adaptation des équipes


Les équipes informatiques doivent être formées aux nouvelles technologies et aux outils proposés par les fournisseurs européens. Cela implique un investissement en temps et en ressources humaines.


Gestion des coûts et des performances


Airbus doit évaluer les coûts totaux de possession des nouvelles solutions cloud, en tenant compte des investissements initiaux, des coûts d’exploitation, et des gains potentiels en sécurité et souveraineté. Il faut aussi s’assurer que les performances techniques répondent aux exigences industrielles.


Exemples concrets d’initiatives d’Airbus


Airbus a déjà commencé à diversifier ses infrastructures cloud. Par exemple, l’entreprise utilise des clouds privés pour certaines données sensibles, tout en continuant à exploiter des clouds publics pour des applications moins critiques. Cette approche hybride permet de limiter les risques tout en conservant une certaine flexibilité.


En parallèle, Airbus participe activement à des groupes de travail européens sur la souveraineté numérique, contribuant à définir des standards et des bonnes pratiques pour le secteur aéronautique.


Ce que cela signifie pour l’industrie aéronautique


La décision d’Airbus de sortir des clouds américains reflète une tendance plus large dans l’industrie aéronautique et au-delà. La maîtrise des données et des infrastructures devient un enjeu stratégique majeur. Les entreprises cherchent à protéger leurs innovations, à respecter les réglementations locales, et à réduire leur exposition aux risques géopolitiques.


Cette évolution pourrait encourager le développement d’un écosystème cloud européen plus solide, avec des solutions adaptées aux besoins spécifiques des secteurs industriels.



Airbus veut donc reprendre le contrôle de ses données en réduisant sa dépendance aux clouds américains. Cette démarche s’appuie sur des préoccupations de souveraineté, de sécurité et d’indépendance économique. La transition vers des solutions européennes représente un défi technique et organisationnel, mais elle ouvre aussi la voie à une meilleure maîtrise des infrastructures numériques. Pour les acteurs industriels, cette évolution invite à repenser leurs stratégies cloud afin d’assurer la protection et la pérennité de leurs données stratégiques.


 
 
 

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